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Les travaux d'expérimentation en champ de plusieurs variétés de cultures résistantes à la sécheresse, don’t le maïs et le canola, ont considérablement avancé. Les premiers résultats sont encourageants en ce qui a trait au potentiel d'accroissement du rendement de certaines cultures.

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Faites le plein de soja

Dans les temps anciens, les fèves de soja étaient l'un des cinq grains sacrés de la Chine. Aujourd'hui, le soja alimente la société moderne à tous les égards, des barres d'énergie jusqu'aux lubrifiants.

Cela correspond exactement au futur envisagé par Gregory Penner pour le soja au Canada. M. Palmer est directeur de projet pour Soja 20/201, un organisme créé en partenariat par le gouvernement, le monde universitaire et l'industrie en 2002 pour stimuler et saisir de nouvelles occasions pour le soja canadien. À partir de son bureau de Guelph (Ontario), il travaille avec un succès notable au développement de nouveaux usages alimentaires et industriels pour le soja.

"Nous avons obtenu des investissements significatifs pour plusieurs entreprises œuvrant dans le domaine alimentaire," précise-t-il. Généticien moléculaire de formation, Gregory Penner se montre astucieux quand il est question de prendre un concept scientifique et d'en faire un succès commercial. Il peut, un jour, chercher des moyens d'accroître les aptitudes à la transformation d'un substitut de la viande, et le lendemain, rédiger un plan d'affaires afin de permettre à des investisseurs d'obtenir un retour de capitaux en trois ans.

"Fondamentalement, nous aidons les compagnies à gérer les échéanciers de leurs projets et nous les assistons dans l'obtention du financement requis pour attaquer le marché de manière agressive, explique Penner. Nous cherchons à réduire le temps requis pour amener le produit sur le marché en aidant les développeurs dans les prises de décisions critiques. Une partie de cette tâche consiste à s'assurer que des capitaux soient disponibles avant même que le produit ne soit prêt. La niche du soja alimentaire sera comblée, mais nous devons nous assurer que les compagnies canadiennes prennent la concurrence de vitesse."

L'une des forces du Canada réside dans son programme d'amélioration génétique. Par exemple, on développe présentement des variétés de soja qui n'ajoutent pas de saveur étrangère lorsqu'on les utilise comme ingrédients alimentaires. On cherche également à développer des variétés produisant des farines de soja dont la saveur est compatible avec celle des farines de blé. L'initiative Soja 20/20 vise dans l'ensemble à englober toute la chaîne de valeur, du généticien-sélectionneur jusqu'au transformateur alimentaire.

Soyfoods Canada, une société fondée en 2000, favorise aussi cette approche de chaîne de valeur avec des compagnies semencières, des producteurs de soja, des transformateurs alimentaires et des fournisseurs d'emballages qui font tous la promotion des bienfaits du soja2. L'association profite de la vague de popularité du soja dans l'alimentation, une des catégories alimentaires canadiennes affichant la plus forte croissance. D'après ACNielsen, les ventes de tofu, de substituts de la viande et de boissons de soja et de riz se sont accrues de 85 pour cent entre 1999 et 2002. Cette croissance est sans doute due en partie à la révocation de la Loi ontarienne sur les produits à base d'huile comestible, qui interdisait de mélanger ces produits avec des produits laitiers. Dès le 1er janvier 2005, les fromages à base de soja pourront être mélangés avec la caséine, une protéine du lait3.

La question de l'heure est de savoir comment accroître le marché canadien du soja alors que des superficies de culture records étaient prévues : 930 000 ha en Ontario, 182 000 au Québec et 121 000 au Manitoba. Les terres propices à la culture du soja elles, n'augmentent pas. Une partie de la réponse se trouve dans l'expansion des usages du soja pour lesquels ce dernier peut être importé à des fins de transformation à valeur ajoutée, que ce soit pour l'alimentation ou les combustibles.

La vision de Soja 20/20 est mise à l'épreuve chez une compagnie de Vancouver, Linnaeus Plant Science Inc4, qui utilise la biotechnologie pour insérer des gènes d'huile de ricin dans le soja. La valeur intrinsèque de l'huile de ricin - une plante unique en son genre de par son taux élevé d'acide oléique - est qu'elle résiste aux facteurs oxydants. Elle ne se décompose pas facilement. Grâce aux outils de la biotechnologie, le soja pourrait exprimer ce gène particulier de l'huile de ricin, ce qui permettrait la production d'ingrédients servant à fabriquer des huiles à moteur. Penner souligne que ces produits se vendent actuellement 2,75 $ le kilo, contre 0,66 $ le kilo pour le soja traditionnel. Ce projet sert d'étude de cas en matière d'ajout de valeur à des cultures de consommation.

Auparavant, le marché du soja au Canada reposait sur des souches de soja permettant la production sur une courte saison. On produisait avec succès des variétés de soja de classe alimentaire sélectionnées spécifiquement pour des importateurs asiatiques individuels. Soja 20/20 entrevoit un avenir où le soja sera de plus en plus utilisé à des fins industrielles. Le Canada est en bonne position pour être l'un des premiers à saisir cette occasion en mobilisant ses forces dans le secteur de l'amélioration génétique afin de produire des variétés de soja de classe industrielle à valeur ajoutée. Le projet Soja 20/20 veut créer un prix pour récompenser la première commercialisation de telles variétés au Canada.

Le soja traditionnel est constitué à 39 pour cent de protéines et à 19 pour cent d'huile. Si on peut modifier le soja pour qu'il produise plus d'huile et soit plus productif à l'hectare, on aura créé une classe de soja industriel. " À l'avenir, selon les prix en vigueur, les producteurs de soja pourraient choisir le marché des huiles plutôt que celui des protéines ", de conclure G. Penner

Ce qui est étonnant, c'est qu'alors que de nouvelles technologies multiplient les usages alimentaires du soja en améliorant son goût, d'autres technologies développent des usages industriels pour la même plante5. L'optimisme de Penner est tel qu'il ne s'occupe que des occasions qui permettraient des extensions de culture de 20 000 hectares ou plus.

1 Soy 20/20 Website <http://www.soy2020.ca>.

2 Soyfoods Website <http://www.soyfoodscanada.com>.

3 Ontario Soybean Growers Website, <http://www.soybean.on.ca>.

4 Linneaus Plant Sciences Inc. Website <http://www.linnaeus.net/index.html>.

5 Biodiesel Association of Canada <http://www.biodiesel-canada.org>.

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