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L'industrie de la phytologie doit prendre les devants pour nourrir le monde

James Bolger, Chairman of the International Advisory board of the World Agricultural ForumParmi les intervenants clés qui œuvrent à satisfaire aux besoins alimentaires croissants de la population mondiale, les chefs de file de l’industrie de la phytologie ont un rôle de premier plan à jouer, a déclaré James Bolger, président du Conseil consultatif international du Forum mondial sur l’agriculture.

« Nous devons miser sur toutes les ressources scientifiques liées à la gérance responsable », a-t-il souligné à l’occasion de la première Conférence Cultiver le Canada. « Pour que tous mangent à leur faim, il nous faut accroître le rendement des ressources limitées de notre planète. »

Selon M. Bolger, premier ministre de la Nouvelle-Zélande de 1990 à 1997 et ambassadeur de la Nouvelle-Zélande à Washington, de 1998 à 2002, l’industrie de la phytologie doivent adopter une approche plus proactive pour la promotion des végétaux nouveaux issus de la phytologie. « Il n’y aura pas de miracle. Votre industrie, parmi d’autres, peut toutefois contribuer à relever les défis auxquels le monde est confronté. »

On prévoit que la population mondiale passera de six à neuf milliards d'ici les 40 prochaines années, a-t-il rappelé, ajoutant que nous devions dès maintenant procéder à l’examen et à la réévaluation des pratiques de mise en marché des solutions agricoles et phytologiques à travers le monde. « Ce n’est pas le moment de restreindre l’accès aux nouvelles solutions agricoles commerciales, mais bien de l’accroître », a-t-il souligné. « L'innovation scientifique doit être encouragée. »

Les sciences alimentaires sont de mieux en mieux acceptées au Canada, bien qu’il reste du travail à faire à cet égard, selon Bruce Anderson, président du cabinet de recherches Harris Decima.

Selon une étude réalisée par Harris Decima, même si les Canadiens sont légèrement plus nombreux à faire confiance aux OGM et aux solutions antiparasitaires pour venir à bout de la faim dans le monde, ils seraient moins enclins à les utiliser pour satisfaire à leurs propres besoins alimentaires. « Les produits antiparasitaires et GM suscitent encore des craintes chez les consommateurs », a expliqué M. Anderson. Selon lui, plusieurs Canadiens seraient peu préoccupés par les décisions politiques liées à la sécurité alimentaire dans le monde. « Les réticences vis-à-vis des aliments génétiquement modifiés sont avant tout individuelles. Les consommateurs canadiens se préoccupent davantage de leur propre bien-être que du sort de la planète », a-t-il fait remarquer.

Les craintes des consommateurs ne se dissiperont pas du jour au lendemain, selon M. Anderson. Toutefois, les efforts de sensibilisation vis-à-vis des bienfaits liés aux produits de l’industrie des sciences alimentaires porteront graduellement fruit. « Les aliments issus de la phytologie ne sont pas de moindre valeur; ils sont plus sains. » C’est ce qu’il faut dire aux consommateurs selon M. Anderson.

Il suggère également d'informer le grand public sur les étapes qui mènent vers un approvisionnement alimentaire plus sain et plus abondant pour les pays en développement menacés par la famine.

« Cessons de penser à ce que aurait pu être fait. Concentrons-nous plutôt sur ce que nous pouvons faire maintenant. »

C’est ce qu’a répété M. Bolger, ajoutant que l’industrie de la phytologie devait miser sur ce message pour que le public réalise l’intérêt et la nature essentielle de l’innovation agricole. Il a ensuite admis qu'il n'était pas facile de diriger une telle initiative. « Il faut du courage pour changer le cours des choses », a-t-il remarqué.

Les mentalités peuvent et doivent évoluer, ce qui exige des ressources considérables, telles celles qui sont consacrées aux dépenses militaires à travers le monde au lieu d’être affectées à la lutte contre la faim dans le monde.

« Les fonds consacrés aux dépenses militaires à travers le monde ont augmenté de 4 % de 2007 à 2008. » Quel combat peut-il être plus important que la lutte contre la famine, qui affecte plus d’un milliard de personnes à travers le monde? « Nous avons besoin de chefs de file déterminés pour venir à bout des préjugés raciaux et des attitudes sectaires », a-t-il déclaré. M. Bolger s’est ensuite réjoui du fait que l’industrie dispose déjà des technologies nécessaires pour venir à bout de la plupart des grands enjeux auxquels nous sommes confrontés. « Votre industrie est sur la bonne voie. Cependant, vous devez revoir vos procédés de bout en bout », a-t-il expliqué. Se reportant aux résultats de l’étude réalisée par Harris Decima et en accord avec M. Anderson, il a affirmé que l’industrie devait trouver de nouvelles façons de conscientiser les consommateurs au rôle essentiel joué par l’industrie dans la lutte contre la faim à travers le monde.

« Les attentes des consommateurs doivent se situer à un niveau supérieur », a-t-il conclu. « La paix, la stabilité et la sécurité dans le monde passe par la sécurité alimentaire. Nourrissons le monde. »

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