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La tolérance zéro : un objectif irréaliste
Il est primordial d'être au courant des politiques relatives aux produits issus de la biotechnologie végétale à travers le monde afin de prévoir leurs répercussions sur la productivité, selon un producteur de semences de l’Alberta.
« Le canola canadien est issu de la biotechnologie pour la grande partie », a expliqué Greg Stamp, le directeur de Stamp Seeds. « La modification génétique fait partie intégrante des outils de recherche qui mènent au développement de nouvelles variétés végétales bénéfiques pour le monde entier. »
Malheureusement, des pays membres de l’Union européenne continuent de s’objecter à la commercialisation de ces nouveaux produits. Cette opposition persiste en dépit de toutes les études qui démontrent les bienfaits potentiels de la phytologie.
La libre expression est un droit humain fondamental, certes, mais Greg Stamp ne peut s’empêcher de se demander si les détracteurs de la phytologie réalisent pleinement l'impact de leurs déclarations publiques sur l’ensemble des producteurs, tous territoires confondus…
Cet automne, des cargaisons entières de moutarde, de lin et de soya en provenance du Canada, dans lesquelles on a détecté des traces de matériel génétiquement modifié, ont été interdites d’entrée en Union européenne. Les techniques de dépistage actuelles permettent de détecter la présence de telles traces dans une graine sur 10 000! « Une concentration microscopique de matériel modifié dans un produit donné suffit pour en interdire la mise en marché », a déclaré expliqué Stamp.
Malgré tous les efforts mis en œuvre pour s'assurer que les produits agricoles ne contiennent aucun matériel GM, il est impossible, à toutes fins pratiques, d’offrir une garantie à cet égard, le transfert de quantités infimes de matériel GM étant toujours possible.
Malgré un nettoyage des plus rigoureux, comment peut-on garantir qu’il ne reste aucune trace, même infime, de matériel génétique sur les parois intérieures d’un conteneur maritime? Comment garantir que cette trace infirme – s’il y a lieu – ne sera pas transférée dans la prochaine cargaison? Rappelons qu’il suffit de détecter un matériel GM dans un seul échantillon pour qu'une cargaison entière soit refusée.
Non seulement est-il quasiment impossible de se conformer à la politique de tolérance zéro, mais celle-ci a, en outre, des répercussions économiques graves. Le rejet de cargaisons affecte non seulement les producteurs canadiens, mais aussi les négociateurs de marchandises, les importateurs et les producteurs de cultures fourragères et d'animaux d'élevage de l'Union européenne qui comptent sur l’arrivage de nos produits pour répondre aux besoins de leur clientèle.
« Le rejet d’une cargaison entraîne une perte monétaire pour toutes les parties prenantes de la chaîne d’approvisionnement », a ajouté Stamp. « Les agriculteurs, les grandes entreprises, les investisseurs… Tous y perdent! »
Stamp, l’agriculture, une industrie essentielle à l'échelle globale, est appelée à prendre plus d'importance encore avec l’accroissement de la population mondiale. « Nous aurons besoin de plus d’aliments et d’aliments plus nutritifs. La biotechnologie est un outil critique en ce sens. »
Les variétés résistantes à la sécheresse, les semences au profil nutritionnel amélioré et toutes les autres solutions issues de la biotechnologie offrent des avantages concrets pour les populations des territoires économiquement faibles à travers le monde.
« Les pays qui pratiquent la tolérance zéro vis-à-vis des matériels génétiquement modifiés limitent la capacité des agriculteurs du Canada et du reste du monde de répondre aux besoins de leurs divers marchés », a affirmé Stamp.
Comment remédier à cette situation?
« La clé, c’est la tolérance. Les gouvernements et les organismes de réglementation du Canada et des autres pays doivent prendre conscience de la quasi-impossibilité, pour les producteurs, de répondre aux exigences actuelles et, cela fait, se doter d’une politique raisonnable quant à la présence adventice des matériels GM », a conclu Stamp. « Sans que cela diminue l’efficacité et la rigueur de notre norme de qualité reconnue, un certain degré de tolérance devrait être défini vis-à-vis des niveaux traces de matériels GM dans les produits de commercialisation. »
Les gouvernements doivent tenir compte des répercussions concrètes de leurs politiques et de leurs règlements pour les producteurs.
« Pour nous, la tolérance zéro n’est pas qu’une position politique. La tolérance zéro a un impact direct sur notre moyen de subsistance », a déclaré Stamp. « Les gouvernements et les organismes de réglementation devraient travailler de concert à se doter de lignes directrices rigoureuses, mais réalistes, d’une politique harmonisée qui permettrait aux producteurs du monde entier de satisfaire aux besoins des populations. »