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On estime que pour la période allant de 1996 à 2007, la biotechnologie végétale a permis de réduire de 359 000 tonnes métriques le volume d'utilisation des pesticides.

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Le maïs : aujourd'hui dans votre assiette, demain sur votre dos

Grâce aux percées de la biotechnologie moderne, le maïs en a fait du chemin depuis les beaux jours du téosinte, une ancienne graminée du Mexique produisant quelques grains farineux semblables à ceux du maïs.

Grâce aux percées de la biotechnologie moderne, le maïs en a fait du chemin depuis les beaux jours du téosinte, une ancienne graminée du Mexique produisant quelques grains farineux semblables à ceux du maïs1. Aujourd'hui, le maïs est bien plus qu'un incontournable des épluchettes et du pâté chinois. C'est du soleil en capsule qui fait office aussi bien d'aliment pour le bétail ou d'édulcorant pour aliments transformés que de combustible pour automobiles. Et, surprise, on l'utilise aussi pour fabriquer des fibres textiles de haute technologie pour les vêtements, les tapis et autres produits de consommation courante.

Environ la moitié de la production canadienne de maïs est maintenant constituée de variétés biotechnologiques, principalement à cause des avantages que leur confère la résistance aux ravageurs. Ces variétés de maïs résistent aux attaques des insectes grâce aux gènes tirés de Bacillus thuringiensis(Bt), une bactérie du sol qui produit des protéines mortelles pour certaines espèces d'insectes2. Depuis 2004, les producteurs profitent de variétés de maïs Bt comportant des gènes multiples (on parle de " pyramidage de gènes ") qui protègent la plante contre deux insectes particulièrement néfastes pour les rendements : la pyrale du maïs et la chrysomèle des racines du maïs. Et sans les dommages causés par la pyrale, les tiges et les épis ne sont pas des portes ouvertes aux infections par des moisissures, lesquelles produisent des mycotoxines dangereuses pour le bétail et pour les humains.

Presque tout le maïs cultivé au Canada est produit en Ontario, au Québec et au Manitoba, et la moitié environ de la production est destinée à l'alimentation des bovins, des volailles et des porcins. Un autre 20 pour cent est transformé en amidons, en édulcorants et en huiles. Selon l'Association des producteurs de maïs en Ontario, sur les 10 000 articles alimentaires que contient une épicerie typique, au moins 25 pour cent contiennent un produit dérivé du maïs. Par exemple, le sirop de maïs à haute teneur en fructose est un ingrédient de base des boissons gazeuses et des confitures, alors que le dextrose est utilisé dans les biscuits.

Étant donné la multiplication des projets d'usines d'éthanol à travers le pays, le reste des cultures de maïs est de plus en plus en demande à titre de matière première idéale pour produire de l'éthanol. On cultive maintenant des variétés de maïs dont la teneur en amidon a été génétiquement modifiée pour convenir parfaitement à la transformation en éthanol et pour lesquelles les producteurs reçoivent un prix supérieur à celui du maïs de grande consommation3. Et à juste titre, au dire de Kory Teneycke, directeur administratif de la Canadian Renewable Fuels Association : " Avec un prix moyen mondial du pétrole à 54 $ le baril en 2005, alors que l'éthanol se transigeait à 41 $ le baril, l'éthanol est maintenant très concurrentiel"4. Outre son prix plus abordable, l'éthanol contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre parce que sa teneur élevée en oxygène, de 35 pour cent, fait en sorte que sa combustion est plus propre que celle de l'essence lorsqu'on l'utilise dans un véhicule pourvu d'un moteur polycarburant, une option offerte dans un large éventail de nouveaux véhicules.

Rien d'étonnant non plus à ce que l'engouement pour les solutions faisant appel aux végétaux en remplacement de produits à base de pétrole ait dépassé le seul secteur de l'énergie pour s'étendre à celui des textiles. Des fabricants tels que DuPont ont perfectionné un processus faisant appel à la biotechnologie pour produire des tissus " intelligents " à partir de l'amidon de maïs. L'amidon est transformé en sucre puis fermenté, séparé et raffiné en polymères au moyen d'une série de réactions brevetées, les polymères étant en quelque sorte les " blocs de construction " des fibres synthétiques. Cette nouvelle biofibre, baptisée Sorona®, possède des caractéristiques exceptionnelles en fait d'extensibilité et de résilience, et se prête mieux à la teinture que le polyester et le nylon. Une nouvelle usine dont la production devrait débuter en 2006 au Tennessee (É.-U.) utilisera de l'amidon provenant de maïs traditionnel et biotechnologique.

Ce nouveau produit est représentatif de l'approche intégrée adoptée par DuPont et sa filiale Pioneer Hi-Bred afin de tirer profit de leurs travaux en biotechnologie et de générer 25 pour cent de leurs revenus totaux de ressources renouvelables d'ici 2010. Il est donc possible que du maïs biotechnologique produit à partir de semences Pioneer Hi-Bred serve de matière première dans les tissus de la compagnie mère.

1 American Association for the Advancement of Science, Ancestors of Science, Prehistoric GM Corn. Science, Vol 302, Issue 5648, 1158-1159, 1 octobre 2004, <http://sciencecareers.sciencemag.org/career_magazine/previous_issues/articles/2004_10_01/noDOI.13012835528374679579>

2 Association des producteurs de maïs en Ontario, Increased Disease Control. Albert Tenuta, phytopathologiste, grandes cultures, OMAFRA, Ridgetown College, mars 2000, <http://archives.foodsafety.ksu.edu/agnet/2000/4-2000/ag-04-07-00-02.txt>

3 Pioneer Hi-Bred International, Inc., Technology that Yields Ethanol, 2003, <http://www.pioneer.com/CMRoot/Pioneer/media_room/biofuels/documents/pump.pdf>

4 Presentation to the Industry Committee hearings on Gasoline Prices in Canada, Kory Teneycke, directeur administratif, Association canadienne des carburants renouvelables, 22 septembre 2005, <http://www.greenfuels.org/ethanol/pdf/Fuel_Change_22-sep-2005.pdf>

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